
Photo : Martin Sidorjak
Vasek Pospisil a connu une très belle carrière de 18 ans sur le circuit de tennis professionnel. Il a été champion en double et quart de finaliste en simple à Wimbledon, 4e mondial en double et 25e en simple. Il a remporté sept titres en double sur le circuit de l’ATP et a atteint trois finales en simple, dont la première et à ce jour la seule finale entièrement canadienne en 2014 à Washington, et a accédé au carré d’as de l’Omnium Banque Nationale de 2013 à Montréal.
Mais pour la plupart des amateurs de tennis canadiens, Pospisil était à son mieux lorsqu’il portait le rouge et blanc à la Coupe Davis.
Pospisil a fait ses débuts avec Équipe Canada en 2008, à l’âge de 17 ans, et a ensuite participé à 35 rencontres et à 60 matchs, les deuxièmes plus grands nombres de tous les temps pour le Canada derrière Daniel Nestor.
Sa participation en février 2025 au 1er tour des qualifications de la Coupe Davis à Montréal contre la Hongrie a été la dernière fois que Pospisil a représenté son pays à la Coupe Davis. Il a fait équipe avec Liam Draxl, qui disputait son tout premier match de cette compétition internationale, pour remporter une victoire en double, la 33e du Britanno-Colombien à la Coupe Davis.
L’illustre carrière de Pospisil à la Coupe Davis tire à sa fin, profitons donc de l’occasion pour faire un retour sur ses meilleurs moments avec Équipe Canada.
5) Revanche contre le Japon en 2015
En 2015, lorsque le Canada a affronté le Japon au premier tour du Groupe mondial de la Coupe Davis, les deux pays s’affrontaient pour une deuxième année consécutive à cette étape de la compétition. En 2014, le Japon avait battu le Canada 4-1 à domicile, sa sixième victoire en autant de rencontres de la Coupe Davis.
Cette fois-ci, les Canadiens étaient les hôtes et présentaient une formation complète composée de Milos Raonic et de Pospisil, qui avaient fait partie de l’équipe lors de la rencontre de 2014, mais n’avaient pas joué.
Après la première journée, les deux pays étaient à égalité 1-1. Pospisil s’est présenté en double aux côtés de Daniel Nestor, cherchant à donner l’avantage aux Canadiens. Les deux ont joué à leur meilleur niveau, glanant une victoire palpitante en cinq manches contre Go Soeda et Yasutaka Uchiyama pour donner au Canada une avance de 2-1 avant la dernière journée.
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Kei Nishikori a eu raison de Raonic dans le premier match de simple, dimanche, pour niveler la marque, ce qui signifie que Pospisil et Soeda devaient déterminer qui se qualifierait pour les quarts de finale.
Grâce à l’appui de la foule de Vancouver, Pospisil a livré exactement la performance dont son pays avait besoin. Après avoir dominé une première manche serrée, le favori local a poursuivi sur sa lancée jusqu’à la fin, remportant une victoire en deux manches pour venger la défaite de l’année précédente et propulser le Canada en quarts de finale pour la deuxième fois en trois ans.
4) Relever le défi lors des Finales de 2019
La Coupe Davis de 2019 a été une toute nouvelle expérience. Non seulement c’était la première année du nouveau format, alors que les équipes se rencontraient au même endroit à la fin de l’année pour les « Finales » de la Coupe Davis, mais pour Équipe Canada en particulier, c’était un changement de garde puisqu’il s’agissait de la première rencontre du Canada depuis le début des années 1990 sans Daniel Nestor. Milos Raonic était également absent.
La nouvelle génération de vedettes canadiennes, Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime, devrait montrer la voie à Équipe Canada. Mais, comme toujours, Pospisil était présent et prêt à jouer. Comme Auger-Aliassime était aux prises avec des blessures, le nouveau vétéran de l’équipe a été appelé en renfort.
Et comme il l’a toujours fait à la Coupe Davis, il s’est élevé jusqu’au sommet de son art.
Au tournoi à la ronde, Pospisil a remporté ses deux matchs de simple en deux manches, des victoires impressionnantes contre Fabio Fognini et Reilly Opelka, pour aider le Canada à terminer au sommet du groupe F. Il a ensuite marqué les deux points du Canada en quart de finale contre l’Australie, une autre victoire en simple contre John Millman, puis une victoire en double contre John Peers et Jordan Thompson, pour envoyer le Canada à sa deuxième demi-finale dans les années 2010.
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En demi-finale, le Canada a affronté la Russie. Les deux pays se sont partagé les matchs de simple, ce qui a permis à Pospisil et Shapovalov d’affronter Karen Khachanov et Andrey Rublev. Comme il l’a si souvent fait en Coupe Davis, Pospisil a trouvé une autre vitesse dans le match décisif de double. Lui et son jeune partenaire ont gardé leur sang-froid et ont arraché le jeu décisif de la troisième manche pour permettre aux Canadiens d’accéder à la finale pour la toute première fois.
Bien que Pospisil n’ait pas eu la chance de disputer la finale contre l’Espagne, son jeu, particulièrement dans les deux matchs décisifs de double du tournoi à la ronde, a donné un aperçu de ce qu’il allait réaliser trois ans plus tard.
3) Héroïque en double pour la demi-finale de 2013
Le Canada a participé pour la première fois à la Coupe Davis en 1913, atteignant les demi-finales (techniquement, la « finale des séries éliminatoires », car les équipes jouaient une compétition pour le droit d’affronter le champion en titre). Il a fallu un siècle entier au Canada pour revenir à cette étape.
En 2013, l’équipe canadienne a connu un parcours génial à la Coupe Davis, éliminant les puissances espagnoles et italiennes au premier tour et en quarts de finale respectivement pour atteindre les demi-finales pour la première fois en 100 ans.
Pospisil a joué un rôle important dans ces victoires, particulièrement en quarts de finale lorsque Daniel Nestor et lui ont placé le Canada au bord de la victoire grâce à un gain épique en double. Le natif de Vernon, en Colombie-Britannique, tentait de se racheter après avoir laissé filer une avance de deux manches en simple la veille.
Il s’en est fallu de peu pour que cela se reproduise lorsque Nestor et lui ont mené par deux manches, avant de se retrouver dans une cinquième manche interminable. Les Canadiens ont finalement tenu bon, s’accrochant pour remporter la manche décisive 15-13 et donner au Canada une avance de 2-1 avant le dimanche. Milos Raonic a conclu la rencontre le lendemain.
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En demi-finale contre les Serbes de Novak Djokovic à Belgrade, Équipe Canada s’est retrouvée dans une position similaire. Puisque le numéro un mondial se trouvait dans l’équipe adverse, une victoire en double était cruciale pour donner au Canada une chance d’atteindre sa première finale. Pospisil et Nestor avaient le dos au mur et tiraient de l’arrière deux manches à une. Ils ont dû disputer un jeu décisif au quatrième acte, et ont réussi à forcer la tenue d’une manche décisive.
Une autre cinquième manche épique s’en est suivie, et, tout comme en quarts de finale, les Canadiens l’ont emporté 10-8 pour prendre les devants 2-1.
Malheureusement, ce n’était pas suffisant pour le Canada, car les Serbes ont remporté les deux duels de simple lors de la dernière journée. Mais la défaite n’a pas atténué l’excitation du meilleur parcours du pays à la Coupe Davis en 100 ans et a créé l’espoir qu’un jour prochain, le trophée serait le leur.
2) Le Canada sur ses épaules pour accéder au Groupe mondial contre Israël en 2011
Il y a eu un nouvel engouement autour d’Équipe Canada lors de la Coupe Davis de 2011. Le pays était coincé dans la zone des Amériques depuis 2005 et n’avait disputé que trois rencontres du Groupe mondial depuis 1990, l’année de la naissance des deux hommes responsables du regain d’espoir du Canada.
Pospisil et Milos Raonic avaient mené le Canada à des victoires en quarts de finale et en demi-finale du groupe I des Amériques plus tôt dans la saison pour préparer un affrontement contre Israël au Stade canadien, ironiquement nommé, de Ramat Hasharon, en Israël. Raonic se remettait toujours d’une blessure à la jambe subie à Wimbledon et n’a réussi à disputer qu’un seul match, une défaite contre Amir Weintrub.
Cela signifiait que Pospisil, alors âgé de 21 ans, qui disputait seulement sa quatrième rencontre de la Coupe Davis, allait devoir faire le gros du travail pour son pays.
Dès le début, le jeune homme s’est battu avec énergie. Avant le match Raonic-Weintrub, Pospisil a affronté le numéro un israélien Dudi Sela, qui était à l’époque un joueur du Top 100 alors que le Canadien était dans les 120. Le match a été épique et a comporté trois jeux décisifs, mais en fin de compte, c’est le Canadien négligé qui s’est faufilé lors de la cinquième manche pour marquer le premier point des visiteurs.
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Après que la défaite de Raonic eut nivelé la rencontre, Pospisil et Nestor se sont présentés en double et ont fait ce qu’ils ont fait de mieux et continueraient de faire pendant la majeure partie de décennie, soit remporter une victoire cruciale pour donner l’avance au Canada avant la dernière journée.
Lors du premier match de simple de la dernière journée, Sela a eu raison de Peter Polansky, ce qui signifie que c’était à Pospisil de poinçonner le billet du Canada pour le Groupe mondial lors du cinquième duel décisif.
En fin de compte, la fin n’a pas été trop dramatique. Pospisil a remporté la première d’une longue série de victoires à la Coupe Davis. Il a facilement battu Weintrub en deux manches pour sceller la victoire, terminant une rencontre où il a remporté les trois points de son pays.
Par conséquent, le Canada s’est qualifié pour le Groupe mondial en 2012. Pospisil n’a jamais disputé un autre match dans la zone des Amériques, ni même dans le Groupe mondial I nouvellement créé après la refonte de 2019, et, au moment de la retraite de Pospisil en 2025, le Canada n’a pas joué ailleurs que dans le groupe le plus élevé de la structure de la Coupe Davis depuis que le Britanno-Colombien l’a promu grâce à son incroyable performance contre Israël.
1) Des victoires en double aident le Canada à remporter le titre en 2022
Plus d’une décennie après les exploits de Pospisil contre Israël, le Canada avait failli mettre la main sur le trophée en 2013 et en 2019, mais celui-ci restait insaisissable.
La relève était également presque assurée. Lors des Finales de la Coupe Davis de 2022, en commençant par le tournoi à la ronde à Valence en septembre, Pospisil était le seul membre de l’équipe âgé de plus de 23 ans (il en avait 32).
Mais son expérience de vétéran s’est révélée cruciale lors des Finales.
Le parcours du Canada en 2022 est souvent associé à la performance phénoménale de Félix Auger-Aliassime, qui a notamment surpris le numéro un mondial Carlos Alcaraz dans le cadre d’une séquence de huit victoires consécutives en Coupe Davis (en simple et en double) pour mener le Canada à la victoire. Toutefois, c’est Pospisil qui a livré la première performance déterminante de l’étape finale, une performance qui a préservé le rêve de championnat dès le début.
La première rencontre du tournoi à la ronde a été contre la République de Corée et, bien que le Canada fût le grand favori, les Coréens ont donné la frousse aux futurs champions. Dans le match d’ouverture, Pospisil a dû combler un écart d’une manche contre Seongchan Hong, puis il a réussi à garder son sang-froid au jeu décisif du troisième acte pour marquer le premier point des Canadiens.
Auger-Aliassime a ensuite été surpris par Soonwoo Kwon, ce qui signifiait que le double allait décider du sort de l’équipe. Auger-Aliassime et Pospisil ont disputé un duel serré qui a tenu la distance. Les deux Canadiens se sont accrochés pour l’emporter en trois manches et permettre au Canada de gagner sa première rencontre du tournoi à la ronde.
La rencontre s’est également jouée en double contre l’Espagne et, cette fois-ci, le Canada a semblé avoir épuisé ses chances lorsqu’il a tiré de l’arrière 5-3 dans la troisième manche. Toutefois, les deux Canadiens ont trouvé une autre vitesse, remportant quatre jeux consécutifs, dont un bris lorsque les deux Espagnols ont servi pour le match, pour surprendre les hôtes.
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Lorsque les Canadiens ont atterri à Malaga deux mois plus tard pour la phase éliminatoire, Denis Shapovalov s’est joint à l’équipe, ce qui signifie que Pospisil n’aurait à jouer en double que si nécessaire. Et c’était nécessaire.
En quart de finale et en demi-finale, le Canada a perdu le premier match de simple, puis a remporté le deuxième, ce qui signifie que c’était à Pospisil et à son partenaire du jour (Shapovalov en quart, Auger-Aliassime en demi-finale) de terminer le travail.
À ces deux occasions, ils l’ont fait. La victoire en quart de finale contre l’Allemagne a été particulièrement impressionnante alors que les Allemands Kevin Krawietz et Tim Putz étaient invaincus (une fiche parfaite de 8-0), en tant qu’équipe jusqu’à ce moment-là à la Coupe Davis. Lorsque les Allemands ont remporté la première manche 6-2, il semblait que le Canada devrait attendre un an avant de tenter de remporter le titre. Mais Pospisil et Shapovalov avaient d’autres idées. Ils n’ont pas été brisés dans les deux dernières manches pour surprendre les Allemands et qualifier le Canada pour sa troisième demi-finale en dix ans. À ce jour, cette défaite demeure la seule de Krawietz et Putz à la Coupe Davis.
La victoire en demi-finale contre l’Italie a été beaucoup plus nette, alors que Pospisil et Auger-Aliassime ont éliminé Matteo Berrettini et Fabio Fognini en deux manches pour sceller le gain.
Bien que Pospisil n’ait pas eu la chance de disputer la finale contre l’Australie, puisqu’Auger-Aliassime et Shapovalov ont mis fin à la rencontre grâce à deux gains en simple, ses empreintes ont été omniprésentes lors de la conquête du titre. Il a compilé une fiche de 6-2 lors de la Coupe Davis de 2022, dont quatre victoires en double. S’il avait perdu l’un de ces matchs, le Canada n’aurait pas été couronné champion.
