Guillaume Marx pumps his fist on the Team Canada bench at the Davis Cup. He is answering questions for the February mailbag.

Photo : Martin Sidorjak

Bienvenue au courrier mensuel des amateurs de Tennis Canada. Ce mois-ci, Guillaume Marx, vice-président de la haute performance de Tennis Canada, répond aux questions sur sa carrière d’entraîneur et sur les joueurs canadiens. 

Êtes-vous impressionné par l’excellent début de saison de nos joueuses de transition ? Quelle a été la clé de leur succès collectif ?   

On sent beaucoup de détermination dans ce qu’elles font. Il y a Kayla [Cross], qui a une bonne fin de saison dernière, qui est 253e et qui est proche d’entrer dans les qualifications de tournois du Grand Chelem. Leur but maintenant c’est d’entrer dans les qualifs des grands chelems parce que là, tu es dans le grand bassin. Je pense donc qu’elles voient que c’est possible et que c’est de là que vient leur détermination. Elles ont toutes fait un bon programme et elles arrivent à concrétiser au classement.

Il y a Marina [Stakusic] qui est 114e, Victoria qui est 212e actuellement. Carson est 223e, Kayla 253e. C’est très intéressant, car on a 10 filles dans les 300 premières. Il y a aussi Cadence Brace, qui est Top 300 cette semaine, donc on est très confiant. Je pense qu’il y a un petit effet d’entraînement : on est toujours mieux quand on n’est pas isolé.   

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Denis et Félix ont bien rebondi en 2025. Qu’avez-vous vu chez eux qui vous fait penser qu’ils seront capables de continuer à performer à un haut niveau ?   

Je pense qu’au final, ils ont été un peu plus affectés qu’on le pense par le fait qu’ils ont souvent joué sans être forcément à cent pour cent et que ça prend du temps. Les marges sont fines actuellement entre les joueurs, alors il faut être bien. J’ai l’impression qu’ils sont mieux physiquement qu’ils étaient depuis un an, un an et demi, et ça fait une différence.

Dans le cas de Denis, je trouve que la direction que prend son jeu, notamment ce qu’on a vu à Dallas et à Belgrade aussi en fin de l’année dernière, c’est intéressant parce qu’il essaie quand même de rester offensif tout le temps, se montrant plus solide. C’est un peu ça qui faisait défaut. Il défend davantage et ça porte déjà ses fruits, ce qui est bien.  

Quand vous évaluez un joueur pour le Centre national, quelles sont les qualités que vous recherchez ? 

C’est sûr qu’à un moment donné, il faut avoir un certain niveau, donc il y a minimum de résultats. Ensuite, il y a une partie sur laquelle on peut être plus patient. C’est sur le développement physique en général : on cherche des joueurs sur lesquels on sent qu’il y a un grand développement physique encore à faire, qui a une marge de progression là-dessus.

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On cherche aussi des joueurs qui sont déterminés, qui ont de la « drive ». Donc, quelqu’un qui a un projet, qui est bien avancé dans sa tête pour faire une carrière. C’est donc la combinaison de ces facteurs-là.  

Comment voyez-vous la transition entre un joueur U10 et un joueur U12 qui devient plus compétitif, qui disputent peut-être plus de matchs ? Quelles sont les clés pour bien faire la transition et continuer le développement ? 

Entre U10 et U12, alors que tu commences à compétitionner, je pense que la clé c’est d’arriver à ce que l’enfant trouve du plaisir dans le fait de compétitionner. Pour moi, le plus important c’est que le match ne devient pas une montagne, quelque chose de négatif trop souvent. Si c’est négatif, ça doit être rare, il faut que l’ensemble de l’expérience soit plus positif.  

Pouvez-vous nous raconter des anecdotes de votre temps avec Milos ? 

Je pense que Milos est quelqu’un d’attachant, de très intelligent. J’ai vite compris qu’il est plus intelligent que moi. Et donc c’est quelqu’un qui n’était pas facile à gérer dans certains aspects parce que, comme il était très cérébral et intelligent, il ne supportait pas de mal jouer. Il ne supportait pas l’imperfection. Et ça menait parfois à des manques de combativité qui m’exaspéraient. Il m’a obligé à travailler beaucoup sur moi pour à la fois essayer de lui faire comprendre qu’il fallait qu’il évolue et, dans le même temps, accepter le fait qu’il était comme ça. C’était toujours un équilibre entre les deux.

Milos est aujourd’hui quelqu’un d’extrêmement organisé et ce n’était pas forcément le cas à l’époque. Je pense qu’il se cherchait et qui s’est trouvé. C’est quelqu’un qui a réussi à trouver sa performance par une sorte d’ultra organisation qu’il avait du mal à mettre en place quand il était jeune.  

À quel moment avez-vous senti que Félix avait quelque chose de spécial, qu’il allait devenir un grand joueur ? 

Je ne pense pas qu’il fallait être un expert de tennis pour avoir identifié qu’à 13 ou 14 ans, il y a quelque chose de spécial. Je suis loin d’être le seul à avoir décelé qu’il y avait quelque chose de spécial. La première fois, c’était pendant un entraînement sur la terre battue du centre. C’était probablement un samedi matin où il a joué avec un joueur pas mal plus âgé, professionnel, mais je ne me souviens plus qui c’était.

Et puis, il a fait un entraînement quasiment de qualité professionnelle en termes d’engagement, d’investissement, de constance, etc. J’étais avec Martin Laurendeau et on a été vraiment impressionné. Quand on est impressionné à cet âge-là par l’engagement et la qualité du niveau, ça veut dire quelque chose.  

Comment faites-vous pour rester calme quand votre joueur dispute un match important ?  

Je ne suis pas calme du tout, en fait, quand je regarde un match. Il faut rester de glace, mais, de temps en temps, il faut être réactif parce que, de temps en temps, il faut aussi secouer son joueur. Il y a des matchs où on est plus calme que d’autres, mais, dans le fond, je ne pense pas avoir jamais été calme véritablement pendant un match. Il y a quand même beaucoup de nervosité.  

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